L’analyse du cycle de vie d’un produit

ÉCO-CONCEPTION : l'analyse du cycle de vie
ÉCO-CONCEPTION – l’analyse du cycle de vie

C’est quoi l’analyse du cycle de vie ? Quel est le cycle de vie d’un objet ? C’est une approche systémique, aussi appelée ACV en abrégé, notamment utilisée dans le cadre de l’éco-conception d’un bien ou d’un service. L’analyse du cycle de vie s’applique à de nombreux secteurs et catégories de produits : automobile, bâtiment, avion, éolienne et même le nucléaire. Cet article a pour but de comprendre l’analyse du cycle de vie, afin de réaliser l’écobilan d’un produit.

On a fait le travail pour vous ! Découvrez toutes les étapes pour une bonne ACV :
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L’analyse du cycle de vie ou l’ACV

L’analyse du cycle de vie d’un produit est une démarche itérative. Mais c’est aussi une méthode normalisée qui suit les normes ISO 14040 et 14044. C’est l’outil le plus abouti en ce qui concerne l’évaluation globale et multicritères des impacts sur l’environnement. Le principe est de recenser et quantifier les flux associés à la conception d’un produit. Tous les flux sont analysés, qu’ils soient d’ordre matériel ou énergétique. Cette double approche (cycle de vie + multicritère) permet d’évaluer les impacts potentiels du projet sur l’environnement.

Au final, une analyse du cycle de vie permet d’obtenir le bilan environnemental multicritères d’un système sur l’ensemble de son cycle de vie, pour en identifier précisément ses impacts sur l’environnement. Grâce à ce bilan, on peut comparer deux solutions à un même problème (à qualité de service égale) dans le but de sélectionner la plus respectueuse pour la préservation de la planète.

Dans la plupart des cas, vous aurez besoin d’un logiciel adapté pour effectuer une analyse du cycle de vie. Les logiciels adaptées à l’ACV sont relativement nombreux, on peut citer Simapro édité au Pays-Bas, GaBi et openLCA édites en Allemagne et Ecodesign Studio édité en France.

La méthode d’analyse

Quatre grandes étapes structure la réalisation d’une ACV, et nous allons développer les grandes lignes de la démarche dans les lignes qui suivent.

1. Objectif et champ d’étude

Il s’agit de définir les objectifs de l’ACV. Trois applications finales peuvent être déterminées : comparaison, éco-conception et déclaration environnementale. Le champ d’étude comprend les fonctions, l’unité fonctionnelle et les frontières du produit, ainsi que les limites de l’étude. Il faut préciser que l’unité fonctionnelle est en fait l’unité de mesure utilisée qui permettra d’effectuer les comparaisons finales. Cette étape consiste aussi à sélectionner les bons indicateurs pour l’étude par rapport au sujet étudié.

Le saviez-vous ? Une bonne unité fonctionnelle comporte au moins trois critères de description de la fonction principale du produit étudié : l’un portant sur sa durée de vie, un autre portant sur une quantité et fréquence associée, et un dernier portant sur la performance.

Par exemple, pour une bouilloire :
Durée de vie : 6 ans
Quantité/fréquence : 1,7 litres d’eau, 2 fois par jour
Performance : chauffage en moins de 3 minutes
L’unité fonctionnelle de la bouilloire s’exprime alors de la façon suivante : «Permettre de porter à ébullition 1,7 litres d’eau en moins de 3 minutes, 2 fois par jour, pendant 6 ans».

En ACV, cette unité fonctionnelle permet la comparabilité du produit étudié. En effet, si une bouilloire concurrente présente une durée de vie de seulement 3 ans, les impacts environnementaux de cette dernière seront 2 fois plus élevés pour garantir un service rendu sur 6 ans (car l’achat de 2 bouilloires est nécessaire).

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2. Inventaire ICV

On dresse l’inventaire des flux entrants et sortants, en prenant en compte les aspects énergétiques et matériels. Chaque flux doit être relié à chaque étape du cycle de vie.  Les données sont déduites des facteurs d’activités, des facteurs d’émissions et de diverses banques de données. C’est l’étape cruciale de l’analyse du cycle de vie. Cette étape peut théoriquement se faire à la main à l’aide  d’un tableur, mais celle-ci peut être largement facilité en utilisant un logiciel adéquat. Les risques d’erreur sont élevés lors de l’inventaire, c’est pourquoi des procédures de contrôle doivent être mises en place.

3. Évaluation des impacts

C’est l’étape où l’on évalue les potentiels impacts environnementaux du système. Deux notions sont importantes ici : les midpoints et les endpoints. Les flux précédemment identifiés sont transformés pour en déduire des indicateurs d’impacts potentiels du projet. Les midpoints sont les catégories d’impacts orientées “problème” : elles rendent compte de consommations ou d’émissions de substances problématiques ramenées à une unité commune.

Par exemple, en midpoint, l’impact sur l’acidification des sols est mesuré en équivalent SO2. Les endpoints sont les catégories d’impacts orientées “dommage” : elles rendent compte des dégâts finaux causés par les consommations ou émissions de substances. Pour l’acidification des sols en endpoint, l’ACV propose de mesurer l’impact en PDF (Potentially Disappeared Fraction of species) : il s’agit ici de quantifier la perte de biodiversité sur une surface donnée. Si les midpoints sont particulièrement appréciés des concepteurs pour leur bas niveau d’incertitude, les endpoints sont efficaces pour communiquer des résultats d’ACV auprès de décideurs.

4. Interprétation corrélée aux objectifs

La dernière étape est en fait une invitation à interpréter et à reboucler le processus entier avec un esprit d’amélioration continue. Les étapes sont revues et améliorées jusqu’à satisfaction complète, en fonction des résultats récoltés. Cette dernière étape permet notamment l’identification de hot-spots dans le cycle de de vie du produit. Elle permet d’orienter des actions d’éco-conception directement sur des points critiques. Cette étape peut par exemple mettre en lumière un composant particulier du produit étudié, principal responsable des impacts environnementaux du cycle de vie et pouvant être remplacé à bas coût. À travers cette dernière étape, l’ACV offre alors l’opportunité de se concentrer sur les 20% du produit responsables de 80% des impacts.

Un exemple d’analyse ACV

Comme nous l’avons vu, l’analyse du cycle de vie trouve principalement ses application principalement dans les domaines suivants :

  • L’identification des impacts environnementaux
  • La création de produit écoconçu
  • Le benchmarking de produit
  • La communication d’une démarche durable
Exemple ACV d'un blouson de ski.
Exemple ACV d’un blouson de ski. Source : http://les.cahiers-developpement-durable.be/

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Les limites de l’analyse du cycle de vie

Comme toute méthode, celle-ci présentent quelques limites qu’il convient de garder à l’esprit. L’ACV est un outil qui prend en compte de très nombreux critères, mais pas la totalité des critères existants ! En effet, certains aspects ne sont pas pris en compte. Par exemple : bruit, odeurs, temps, pollution lumineuse, impacts sur les paysages, etc.

Par conséquent, l’ACV n’est pas l’unique méthode pour faire de l’éco-conception. Elle peut être mal adaptée pour certaines situations. De plus, les résultats sont dépendants des hypothèses de départ, qui peuvent être mal-calibrées voir erronées.

Il existe un ensemble de questions à discuter avant de se lancer dans une étude du cycle de vie, parce que cette méthode demande beaucoup de temps et d’énergie et doit donc être mûrement réfléchie.

  • Existe-t-il des ACV de produits similaires ?
  • Quel est l’objectif de la démarche ?
  • Y’a-t-il d’autres outils pertinents à utiliser ?
  • Pouvons-nous réaliser nous-même l’étude ?
  • Disposons-nous de données précises ?
  • Le projet dispose-t-il des données adaptées ?
  • Résultats rendus publiques ?
  • L’étude reste-t-elle pertinente, même ne prenant en compte la relativité des hypothèse de départ ?

Le mot de la fin

Limiter l’impact environnemental des produits en revalorisant leur fin de vie permet de diminuer l’extraction des matières premières afin de préserver les ressources naturelles.

La consommation d’énergie induite durant les étapes du cycle de vie d’un produit doit aussi être prise en compte pour améliorer la performance environnementale.

L’analyse de cycle de vie rentre intégralement dans la démarche d’écoconception et de management environnemental. Les procédés utilisés à toutes les étapes du cycle de vie du produit doivent être en accord avec les principes de l’économie circulaire.

Les emballages et la durabilité des systèmes étudiés sont aussi des facteurs qui permettent de diminuer l’empreinte environnementale sur l’ensemble du cycle.

L’analyse du cycle de vie est un outil qui permet de gérer indirectement l’épuisement des ressources naturelles et la performance énergétique. C’est un outil d’aide à la décision dans une approche d’éco-conception qui respecte des normes internationales.

Le but est dans le même temps de développer un mode de production plus respectueux de l’environnement, en prenant en compte de nombreux facteurs comme par exemple la toxicité éventuelle de certains éléments, la santé humaine, les polluants et l’empreinte carbone.

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Pour aller plus loin avec l’ACV :
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Guillaume Jouanne
Après une longue expérience dans le conseil aux entreprises, je gère aujourd’hui la start-up Altermaker qui conçoit des solutions logicielles pour l’éco-conception et l’analyse du cycle de vie. Mon objectif est d’aider les entreprises à intégrer la notion de performance environnementale de leurs produits et services.